Feuilles de papier washi superposées aux teintes crème et vert pâle, fibres végétales visibles en transparence, lumière douce

Un papier né de la main et de l'eau

Le washi (和紙) — littéralement « papier japonais » — est fabriqué artisanalement selon des méthodes transmises de génération en génération. Contrairement au papier occidental issu de pâte de bois, le washi est élaboré à partir de fibres végétales longues et résistantes, principalement le kozo (mûrier à papier), le mitsumata et le gampi.

La technique traditionnelle, appelée tesuki washi (手漉き和紙), repose sur un travail manuel minutieux où chaque feuille est formée une à une. Ce procédé confère au washi sa texture unique, sa souplesse et sa longévité exceptionnelle.

Les trois fibres nobles du washi

La qualité du washi dépend avant tout de ses matières premières. Trois arbustes sont traditionnellement cultivés au Japon pour la fabrication du papier artisanal :

Kozo

Le mûrier à papier (Broussonetia papyrifera). Ses fibres longues et solides produisent un papier résistant, idéal pour la calligraphie, la restauration d'œuvres d'art et les créations décoratives.

Mitsumata

L'Edgeworthia chrysantha. Ses fibres courtes et fines donnent un papier doux, chaud et légèrement brillant, souvent utilisé pour les billets de banque japonais.

Gampi

Le Diplomorpha sikokiana. Ses fibres naturellement résistantes aux insectes produisent un papier fin, translucide et au toucher soyeux, prisé pour la conservation de documents.

Pile de fibres végétales séchées et de tiges liées sur une table, tons bruns et beiges, ambiance rustique Gros plan sur des fibres végétales trempées dans un bassin en pierre avec une bouilloire métallique, tons terreux

Les étapes du tesuki washi

La fabrication artisanale du washi suit un processus rigoureux, rythmé par les saisons. Voici les principales étapes :

  1. Récolte et cuisson Les branches de kozo, mitsumata ou gampi sont coupées en hiver, puis cuites à la vapeur ou bouillies pour ramollir l'écorce.
  2. Écorçage et lavage L'écorce externe noire est retirée ; seule l'écorce interne blanche est conservée. Les fibres sont ensuite lavées abondamment à l'eau claire.
  3. Battage des fibres Les fibres sont battues manuellement ou mécaniquement pour les séparer sans les couper, préservant ainsi leur longueur et leur résistance.
  4. Formation de la feuille La pâte est mélangée à de l'eau et à un agent de dispersion végétal (neri, extrait de racine de tororo-aoi). L'artisan plonge un tamis en bambou (su) dans la cuve et agite le mélange d'un geste fluide pour répartir les fibres uniformément.
  5. Pressage et séchage Les feuilles humides sont empilées et pressées pour évacuer l'eau, puis décollées une à une et mises à sécher sur des planches en bois ou au soleil.

Les ateliers de washi au Japon

Chaque région du Japon possède sa propre tradition papetière, avec des caractéristiques uniques liées au climat, à l'eau et aux fibres locales. Parmi les washi régionaux les plus réputés, on trouve le washi Inshuu de la préfecture de Tottori, le Yoshino washi de Nara, ou encore le washi Shiroishi.

Ces ateliers perpétuent un artisanat reconnu par l'UNESCO, inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'humanité depuis 2014.

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